Le billet du lundi 30 juin 2008 : visibilité et aveuglements (sur le web)
Par Un vulnérable, mercredi 2 juillet 2008 à 15:21 :: Une vie vulnérable :: #225 :: rss
Mes chers frères et sœurs d'humanité (et pour certains également amis)
Cette semaine, deux leçons de vie m'ont été données grâce au Web, en lien avec les traces que l'on y laisse, volontaires ou involontaires.
Comme peut-être vous le savez, je suis quelqu'un de très naïf et confiant. C'est l'une des sources de ma grande vulnérabilité. Malgré mon niveau "cognitif", ma culture et un regard que je pense aigu sur le monde, il m'est très difficile de saisir la possibilité du mal chez l'autre.
Cette semaine, deux leçons de vie m'ont été données grâce au Web, en lien avec les traces que l'on y laisse, volontaires ou involontaires.
Comme peut-être vous le savez, je suis quelqu'un de très naïf et confiant. C'est l'une des sources de ma grande vulnérabilité. Malgré mon niveau "cognitif", ma culture et un regard que je pense aigu sur le monde, il m'est très difficile de saisir la possibilité du mal chez l'autre.
Je sais qu'il existe, je connais la cruauté du monde, je l'ai déjà subie à plusieurs reprises, mais je n'arrive pas à m'y faire !
Depuis cette enfance de bouc-émissaire, où souvent ce que je disais se retournait contre moi, je n'ai pas quitté cette dimension de candide qui me "candidate", ici bas, à plusieurs déceptions et à quelques malheurs (mais, rassurer-vous, à quelques joies ineffables également).
Je me rappelle de cette prof de mathématiques, en 5ème.
Elle avait été découverte par le proviseur dans le fait qu'elle nous avait demandé d'acheter un autre livre de mathématiques que celui choisi par le conseil de classe, suite à une indiscrétion involontaire de ma part.
Nous avions quelque problèmes d'argent en famille et mes parents ne m'avaient pas encore acheté le livre de mathématiques.
Malgré tout, j'étais le meilleur de la classe en mathématiques et le proviseurs me convoqua alors pour me donner le livre officiel, "un cadeau du collège à ses meilleurs élèves".
Sur quoi je dis "Mais ce n'est pas celui-ci le livre que veut la prof !".
Je me suis retrouvé avec une note de la prof à faire signer à mes parents sur le fait que j'étais un gros naïf et que ce n'était pas normal à mon âge. La prof demandait à mes parent de m'ouvrir les yeux sur le monde !
Figurez-vous si ma naïveté est normale à 50 ans !
Hors, si "tout ce que vous dites pourra être utilisé contre vous", il est très probable que dans une diffusion massive de ce tout, on trouvera bien quelqu'un pour l'utiliser contre vous !
Deux figures de ma naïveté se sont donc présentées la semaine passée.
Elle s'inscrivent autour d'incompréhensions contextuelles à partir de données présentes sur le web, si l'arrière-monde qui les faits exister n'est pas perçu.
La question posée est alors celle-ci. Comment donner à voir l'intentionnalité, ou l'arrière monde, là où le contexte de publication, le format proposé, ou la possibilité de décontextualisation des données pouvant être importées par la syndication, formatent à leur façon propre votre écrit ? C'est un vrai problème et il me semble d'emblée sans solution technique.
Ces figures de naïveté s'inscrivent également dans cette situation inédite où tout le monde observe, scrute et espionne tout le monde, sur le web !
Sur la première situation, je ne peux pas vous donner des détails. L'affaire est privée et très douloureuse.
Je vais vous parler de la seconde :
Voici que depuis presque deux ans je mets en ligne les supports de mes conférences pour Novantura. Ils sont sur slideshare et depuis peu également sur slideo.
Pourquoi je fais cela ? Principalement pour deux raisons.
Premièrement parce que je crois à la vertu du partage.
Il n'y a pas de copyright sur les idées et le web est un espace de fertilisation croisée (non pas d'intelligence, non pas de connaissance, mais de la possibilité des deux à travers une élaboration personnelle et collective de l'information). Je pense donc très modestement de pouvoir contribuer à la réflexion générale de la transformation de travailler et de l'apprendre dans des organisations sociales connectées.
La seconde, pour augmenter mon empreinte numérique professionnelle, pour éventuellement être contacté pour des missions de consulting (ceci m'est déjà arrivé, grâce à mon blog pro notamment).
J'avais donc mis en ligne sur Slideo ma dernière conférence pour le GARF (le groupement des acteurs responsables de formation), conférence qui est "syndicable", c'est à dire que l'on peut l'insérer dans un blog par exemple, à travers un lien.
C'est ce qui a été fait ici : http://www.savoirsenreseau.com/2008/06/12/limpact-du-web-20-en-formation-et-en-professionnalisation/
Il faut savoir que chaque fois que j'interviens, c'est un show ! Je suis quelqu'un de passionné, avec des ouvertures culturelles très amples et j'adore Goldoni et la comedia dell'arte. Quand j'interviens, ça bouge ! Le support diapo fait partie d'en environnement technique qui comprend également une navigation sur le net et souvent quelques démonstration. Il n'est pas tout seul !
Mais voilà que d'emblée, sans compréhension du contexte, d'abord on le "pique" et puis on le défini "trop dense !" Ceci n'est pas bien méchant, mais les commentaires se déchainent :
"Bah la la la ! c’est proprement indigérable ! Totalement hors web 2.0 ! TOUT DIRE : CE N’EST RIEN DIRE et c’est aussi chercher à se rendre indispensable : “regardez combien je sais et combien vous êtes ignorant” !"
ou encore :
"C’est complètement nul !"
Il s'avère que "dans le réel" mes conférences provoquent des prises de conscience très fortes et que j'ai la nommée d'être (cela m'a été dit) "conférencier hors pair", dans le petit milieu de la FOAD (formation ouverte et à distance).
Mais voilà qu'isolé d'un contexte, mis dans un autre par le biais de la syndication, tout ceci assume une autre tonalité.
Conclusion : si la sagesse populaire nous rappelle que "Pour vivre heureux, vivons cachés", il reste vrai que nous allons vers une société où l'extimité, la reconnaissance sociale, passe de plus en plus sur le net. Les retours de bâton existent, cette hypervisibilité peut s'avérer dangereuse pour l'individu qui s'expose.
De plus, ce que nous donnons à voir est souvent une signature d'être et pas l'être. Nous allons consciemment ou inconsciemment hypertrophier une partie de nous-même, avec le risque d'être identifié par cette partie seulement.
Les remèdes à tout cela ne sont pas techniques mais éthiques et sociopsychologiques.
Si la société de la communication, son illusion de vérité par la transparence est bien là et on ne pourra pas revenir en arrière, c'est toute une société de la rencontre qu'il nous faut d'urgence élaborer en accompagnement, pour que le jugement soit suspendu à ce face à face du "moi et du tu", où là tolérance et la parole qui mesure et qui approfondit viennent corriger l'aveuglement provoqué par le trop de clarté d'une information qui ne connait pas les mouvement d'âme, ni les environnements, de celui qui la produit.
Depuis cette enfance de bouc-émissaire, où souvent ce que je disais se retournait contre moi, je n'ai pas quitté cette dimension de candide qui me "candidate", ici bas, à plusieurs déceptions et à quelques malheurs (mais, rassurer-vous, à quelques joies ineffables également).
Je me rappelle de cette prof de mathématiques, en 5ème.
Elle avait été découverte par le proviseur dans le fait qu'elle nous avait demandé d'acheter un autre livre de mathématiques que celui choisi par le conseil de classe, suite à une indiscrétion involontaire de ma part.
Nous avions quelque problèmes d'argent en famille et mes parents ne m'avaient pas encore acheté le livre de mathématiques.
Malgré tout, j'étais le meilleur de la classe en mathématiques et le proviseurs me convoqua alors pour me donner le livre officiel, "un cadeau du collège à ses meilleurs élèves".
Sur quoi je dis "Mais ce n'est pas celui-ci le livre que veut la prof !".
Je me suis retrouvé avec une note de la prof à faire signer à mes parents sur le fait que j'étais un gros naïf et que ce n'était pas normal à mon âge. La prof demandait à mes parent de m'ouvrir les yeux sur le monde !
Figurez-vous si ma naïveté est normale à 50 ans !
Hors, si "tout ce que vous dites pourra être utilisé contre vous", il est très probable que dans une diffusion massive de ce tout, on trouvera bien quelqu'un pour l'utiliser contre vous !
Deux figures de ma naïveté se sont donc présentées la semaine passée.
Elle s'inscrivent autour d'incompréhensions contextuelles à partir de données présentes sur le web, si l'arrière-monde qui les faits exister n'est pas perçu.
La question posée est alors celle-ci. Comment donner à voir l'intentionnalité, ou l'arrière monde, là où le contexte de publication, le format proposé, ou la possibilité de décontextualisation des données pouvant être importées par la syndication, formatent à leur façon propre votre écrit ? C'est un vrai problème et il me semble d'emblée sans solution technique.
Ces figures de naïveté s'inscrivent également dans cette situation inédite où tout le monde observe, scrute et espionne tout le monde, sur le web !
Sur la première situation, je ne peux pas vous donner des détails. L'affaire est privée et très douloureuse.
Je vais vous parler de la seconde :
Voici que depuis presque deux ans je mets en ligne les supports de mes conférences pour Novantura. Ils sont sur slideshare et depuis peu également sur slideo.
Pourquoi je fais cela ? Principalement pour deux raisons.
Premièrement parce que je crois à la vertu du partage.
Il n'y a pas de copyright sur les idées et le web est un espace de fertilisation croisée (non pas d'intelligence, non pas de connaissance, mais de la possibilité des deux à travers une élaboration personnelle et collective de l'information). Je pense donc très modestement de pouvoir contribuer à la réflexion générale de la transformation de travailler et de l'apprendre dans des organisations sociales connectées.
La seconde, pour augmenter mon empreinte numérique professionnelle, pour éventuellement être contacté pour des missions de consulting (ceci m'est déjà arrivé, grâce à mon blog pro notamment).
J'avais donc mis en ligne sur Slideo ma dernière conférence pour le GARF (le groupement des acteurs responsables de formation), conférence qui est "syndicable", c'est à dire que l'on peut l'insérer dans un blog par exemple, à travers un lien.
C'est ce qui a été fait ici : http://www.savoirsenreseau.com/2008/06/12/limpact-du-web-20-en-formation-et-en-professionnalisation/
Il faut savoir que chaque fois que j'interviens, c'est un show ! Je suis quelqu'un de passionné, avec des ouvertures culturelles très amples et j'adore Goldoni et la comedia dell'arte. Quand j'interviens, ça bouge ! Le support diapo fait partie d'en environnement technique qui comprend également une navigation sur le net et souvent quelques démonstration. Il n'est pas tout seul !
Mais voilà que d'emblée, sans compréhension du contexte, d'abord on le "pique" et puis on le défini "trop dense !" Ceci n'est pas bien méchant, mais les commentaires se déchainent :
"Bah la la la ! c’est proprement indigérable ! Totalement hors web 2.0 ! TOUT DIRE : CE N’EST RIEN DIRE et c’est aussi chercher à se rendre indispensable : “regardez combien je sais et combien vous êtes ignorant” !"
ou encore :
"C’est complètement nul !"
Il s'avère que "dans le réel" mes conférences provoquent des prises de conscience très fortes et que j'ai la nommée d'être (cela m'a été dit) "conférencier hors pair", dans le petit milieu de la FOAD (formation ouverte et à distance).
Mais voilà qu'isolé d'un contexte, mis dans un autre par le biais de la syndication, tout ceci assume une autre tonalité.
Conclusion : si la sagesse populaire nous rappelle que "Pour vivre heureux, vivons cachés", il reste vrai que nous allons vers une société où l'extimité, la reconnaissance sociale, passe de plus en plus sur le net. Les retours de bâton existent, cette hypervisibilité peut s'avérer dangereuse pour l'individu qui s'expose.
De plus, ce que nous donnons à voir est souvent une signature d'être et pas l'être. Nous allons consciemment ou inconsciemment hypertrophier une partie de nous-même, avec le risque d'être identifié par cette partie seulement.
Les remèdes à tout cela ne sont pas techniques mais éthiques et sociopsychologiques.
Si la société de la communication, son illusion de vérité par la transparence est bien là et on ne pourra pas revenir en arrière, c'est toute une société de la rencontre qu'il nous faut d'urgence élaborer en accompagnement, pour que le jugement soit suspendu à ce face à face du "moi et du tu", où là tolérance et la parole qui mesure et qui approfondit viennent corriger l'aveuglement provoqué par le trop de clarté d'une information qui ne connait pas les mouvement d'âme, ni les environnements, de celui qui la produit.
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