Samedi 22 juillet après-midi. Je remonte depuis place de la République, la rue du faubourg du Temple, pour rentrer chez moi, et au niveau du Monoprix je vois une femme, menue, la soixantaine, trainant avec elle six sacs bleu en plastique, tous de la même taille, bien confectionnés et couverts par du plastique blanc à leur ouverture.
Impossible de savoir ce qu’il y avait dedans. Peut-être toute sa vie.

Difficile pour elle d’avancer, surtout qu’avec les sacs elle trainait aussi son pied droit qui, plié vers l’intérieur, touchait le sol que par la tranche extérieure.
J’arrive à son hauteur, ému par la scène, et pendant que je la regardais, me demandant ce que je pouvais bien faire pour elle, elle me dit, en souriant :
« Vous voulez m’aider à amener les sacs à l’arrêt du bus 46 ? »
Je lui demande si c’est loin (gentil, mais pressé Adrien le Vulnérable, et surtout se méfiant un peu d’être pris au piège et de se taper des kilomètres).
Dans la négative – « c’est juste dans le coin » - j’y vais.

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