L'individu désaffecté
Par Un vulnérable, mercredi 22 mars 2006 à 17:08 :: Le lien rexistant :: #165 :: rss
"Or, dans l’économie politique hyperindustrielle, la valeur doit être intégralement calculable , c’est à dire qu’elle est condamnée à devenir sans valeur : tel est le nihilisme. Le problème est que c’est alors le consommateur qui non seulement se dévalue (car il est évalué, par exemple par le calcul de sa life time value) mais également qui se dévalorise – ou, plus précisément, qui se désindividue.
Dans une telle société, qui liquide le désir, lequel est pourtant son énergie en tant qu’énergie libidinale, la valeur est ce qui s’anéantit et qui anéantit avec elle ceux qui l’évaluant s’évaluent. C’est pourquoi c’est la société en tant que telle qui apparaît finalement à ses membres, eux-mêmes dévalorisés (et mélancoliques), comme étant sans valeur – et c’est aussi pourquoi la société fantasme d’autant plus bruyamment et ostentatoirement des " valeurs " qui ne sont que leurres, discours de compensations et lots de consolation. Tel est le lot d’une société qui ne s’aime plus."
Je vous propose aujourd'hui un lien sur un chapitre du livre Mécréance et discrédit, du philosophe Bernard Stiegler.
Bernard Stiegler a mis à disposition cet extrait dans le cadre du travail préparatoire de la réunion plénière d'Ars Industrialis du 25 février 2006 "Souffrance et consommation".
J'avais également, à cette occasion écrit un court billet sur mon blog.
Le texte de Bernard Stiegler sur le site de l'association Ars Industrialis/
Mon billet sur mon blog.
Dans une telle société, qui liquide le désir, lequel est pourtant son énergie en tant qu’énergie libidinale, la valeur est ce qui s’anéantit et qui anéantit avec elle ceux qui l’évaluant s’évaluent. C’est pourquoi c’est la société en tant que telle qui apparaît finalement à ses membres, eux-mêmes dévalorisés (et mélancoliques), comme étant sans valeur – et c’est aussi pourquoi la société fantasme d’autant plus bruyamment et ostentatoirement des " valeurs " qui ne sont que leurres, discours de compensations et lots de consolation. Tel est le lot d’une société qui ne s’aime plus."
Je vous propose aujourd'hui un lien sur un chapitre du livre Mécréance et discrédit, du philosophe Bernard Stiegler.
Bernard Stiegler a mis à disposition cet extrait dans le cadre du travail préparatoire de la réunion plénière d'Ars Industrialis du 25 février 2006 "Souffrance et consommation".
J'avais également, à cette occasion écrit un court billet sur mon blog.
Le texte de Bernard Stiegler sur le site de l'association Ars Industrialis/
Mon billet sur mon blog.
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