L'économie du don et du partage
Par Un vulnérable, jeudi 2 mars 2006 à 14:18 :: Economie rexistante :: #143 :: rss
Le lien avec autrui ne se noue que comme responsabilité, que celle-ci d'ailleurs, soit acceptée ou refusée, que l'on sache ou non comment l'assumer, que l'on puisse ou non faire quelque chose de concret pour autrui.
Dire : me voici. Faire quelque chose pour un autre. Donner. Etre esprit humain, c'est cela.
Emmanuel Levinas – Ethique et Infini
Il faut reconnaître à la société occidentale un bien-être général basé sur la mise en place de contraintes (par l'impôt) et délégations (par les institutions à vocation sociale), qui permettent de prendre en compte les besoins vitaux d'une population, sans que ces besoins soient soumis aux aléas de la générosité ou non-générosité des individus dans l'environnement proche de celui qui est dans le besoin. Mais bien que ces institutions permettent d'organiser un bien-être minimal collectif par mutualisation et gestion d'importants moyens, elles ont deux défauts majeures :
Dire : me voici. Faire quelque chose pour un autre. Donner. Etre esprit humain, c'est cela.
Emmanuel Levinas – Ethique et Infini
Il faut reconnaître à la société occidentale un bien-être général basé sur la mise en place de contraintes (par l'impôt) et délégations (par les institutions à vocation sociale), qui permettent de prendre en compte les besoins vitaux d'une population, sans que ces besoins soient soumis aux aléas de la générosité ou non-générosité des individus dans l'environnement proche de celui qui est dans le besoin. Mais bien que ces institutions permettent d'organiser un bien-être minimal collectif par mutualisation et gestion d'importants moyens, elles ont deux défauts majeures :
- Leur taille génère la cristallisation d'une réponse, qui est de moins en moins adaptée aux nécessité de créativité et de réactivités des problèmes posés par la mondialisation et par le libéralisme économique (que ceci nous plaise ou pas).
- Leur présence et permanence a généré une déresponsabilisation du citoyen moyen vis-à-vis de l'autre, dont tous le besoins doivent être réglés par une institution à hoc. D'où une dichotomie flagrante entre une solidarité institutionnalisée, à laquelle on demande de "garder les acquis" à tout pris, et une capacité individuelle au souci de l'autre, de face à face, hors passage d'une institution quelconque (publique, privée ou associative).
J'ai personnellement décidé de faire partie de ces "fous" (mais non pas d'une secte quelconque, y compris laïque) parce que je crois quand sans le courage d'une générosité nue, vulnérable, sans couverture institutionnelle, notre part d'humanité est diminuée.
Mes initiatives sur Paris, ma lettre par mail et cet espace sont mon don pour vous. Ils font partie de mon "être-pour-autrui" et je tiens à les maintenir sans aucune contrepartie imposée. J'espère sincèrement qu'ils vous apportent autre chose que de la ludicité ou de la simple satisfaction intellectuelle, qu'ils contribuent à développer votre richesse intérieure et qui puissent vous aider à savoir comment la rendre disponible aux autres.
Je suis convaincu qu'une économie de marché saine est impossible sans une capacité individuelle au partage et à la générosité.
Seules l'entraide et la solidarité directe, d'être à être, sans intermédiaires, régulent véritablement l'économie, car il nous permettent de "sortir" du marché, et donc de lui donner sa place à l'intérieur d'une économie plus large, qui intègre l'économie du don et du partage.
Mon positionnement ici émane de cette conviction.
Pour approfondir sur le don, lire sa définition sur Wikipédia.
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