Poussée par la folie de grandeur, par cette "sociopathologie" de chasse au sorcière qui émane d'une souffrance psychique généralisée, la machine policière et judiciaire est encore plus cruelle, plus violente encore que la violence et la cruauté dont elle est censée nous protéger.

Un juge sans coeur, un pur produit de l'école de la magistrature et de cette idée que le diplome fait le juge, un technicien inhumain borné et trop sûr de lui, s'acharne contre des personnes pour booster sa carrière et pour se sentir Maitre du Monde.

Ecoutez-les, ces 21 minutes d'estraits des auditions, écoutez comment en quelques minutes nous sommes plongé dans Beazil, le film de Thierry Gilliam. Sauf qu'ici le calvaire de l'innocent, et de ses enfants, ne prête pas à la rigolade !

C'est un visage de la France. D'une France qui est certes ici (mal) interprêtée par le juge Burgaud, mais qui au fond a toute notre société en toile de fond.
Une société prise par ce que le philosophe Ruwen Ogien appelle la "panique morale".
Des médias qui de cette panique se font l'écho, s'alimentant d'un populisme et d'une parano voyeuriste à la " Nouveau Détective". Des politiques qui surfent sur cette vague pour monter au créneau et faire voter de lois qui rendent de plus en plus inhumaine la "justice", minent la présomption d'innocence, sapent la fonction du juge des libertés.

L'affaire d'Outreau ne peut donc pas être le seul procès d'un petit juge narcissique à la recherche de gloire.
L'affaire d'Outreau ne peut non plus être le seul procès de la Justice comme institution, ni de la Police et de ses méthodes.
L'affaire d'Outreau est le procès de nous tous, de notre folie au quotidien, de nos peurs, de nos suspicions, de notre envie de trouver, en ces temps de rupture d'identité personnelle et sociale, des boucs émissaires vraisemblables à sacrifier pour aller mieux.

Ecoutez donc les outragés d'Outreau, ces vies violées, ces existences ruinées, et sachez que sans une pression médiatique, sans une vox populi (vox dei, voie de dieu) vengeresse, la justice aurait peut-être été capable de faire beaucoup plus vite la part des choses.

A chaque fois que tu juges trop vite ton voisin, tu renferme un innocent en prison. Tout est lié.

Les 21 minutes d'extraits c'est sur France 2 et c'est par .