La vrai question est, il me semble, le statut de la parole dans une sociétè contemporaine.
Cette "parole" dite ou donnée n'as plus la même valeur que dans une société fondée par la loi du père. Névrotique certes, mais structurée. Elle est "parole d'enfant", parole d'un "ça" pulsionnel, bouillonnant, malin. Parole pour séduire, parole pour mentir, parole pour exister au-delà de sa propre existence.
Pourquoi alors s'étonner que l'on écoute la parole d'enfant ? Au fond ce que l'on écoute est l'incapacité de cette société de secrèter une parole d'adulte, une parole vraie, juste. Une parole-cadre qui serait le mètre-étalon de la parole à écouter.

L'emballement de la justice, à Outreau, c'est un jeune juge, un gamin à la grosse tête et au peu de vécu, sorti tout juste d'école, nourri d'une culture narcissique des super-héros des films et de jeux-vidéos. "Cette affaire, est l'affaire du siècle" dit-il méprisant à un prévenu !
L'emballement de la justice, à Outreau, c'est celui des juges plus vieux (et on aurait espèré plus sages) qui auraient du avoir un oeil plus vigilant sur ce gamin proche par immaturité personnelle et générationnelle de la mythomanie de l'enfance. C'est le re-père absent, le parent qui abandonne son rôle de cadrage.

L'emballement de la justice, à Outreau, c'est l'emballement d'une société toute entière devant ses propres peurs et c'est la déroute de la parole pour dire vrai.

Pour en savoir sur les enseignements que le Ministère de la Justice a tiré de cette affaire, vous pouvez télécharger le rapport (de 66 pages) publié en Fevrier 2005.
Si le courage vous manque de tous lire, lisez au moins l'introduction, les méthodes, les problèmatiques mises en évidence, le chapitre 1 (Recueil et expertise de la parole de l'enfant) et l'ensemble des préconisations, à la fin du document.