J’attends mon tour pour commander mon « ptit dej » sucré, quand je vois à côté de moi un môme qui manipule un portable. Déjà ?
Je pose la question. - Bonjour, c’est un vrai portable ?
Il me regarde comme un martien. - Ben oui !
Son copain aussi sort le sien. – Moi aussi j’en ai un.
- Mais quel âge avez vous ? – je demande.
- Douze ans !
- Ah, et vous pouvez appeler n’importe quel numéro ou il y a qu’une série de numéro que vos parents ont défini ? – je demande encore, pensant à ces portables verrouillés que les parents mettent à disposition de leurs bambins pour se sécuriser et pour mieux contrôler les appels.

Ils me regardent comme si j’étais un martien !
- Ben non, on peut appeler tous les numéros, c’est un forfait, ça se bloque quand il y a pas d’argent !
Comme le mien dis donc !

Je prends le plateau de mon ptit dej pendant que les garçons s’interrogent sur ce qu’il peuvent bien s’acheter avec leur peu d’argent et la carte imaginR (moins un euro sur les menus, chez MacDO, une affaire !)., je les salue et je monte au deuxième étage.

Quelques secondes plus tard les voilà monter à leur tour… mais sans aucun plateau. Le blond renseigne le métis sur le fait qu’il avait fêté ici son anniversaire. Puis ils viennent me voir.

- Monsieur, vous pourrez nous donner un euro pour nous acheter un menu, nous avons faim !
Je suis interloqué. Mais comment ? Ces jeunes, aux parents leur fournissant des téléphones portables avec forfait à douze ans, n’ont pas d’argent et ont faim ? Que pasa ?

Ils m’expliquent qui leur manque un euro pour acheter le menu et un milk shake, et que comme ils sont depuis huit heures en cours, comme il n’ont rien mangé le matin en partant, il ont très faim !

Je suis d’abord réticent et moraliste.Je leur dis – Ce n’est pas bien de demander de l’argent.
Puis, je me dis que manquer d’un peu d’argent pour s’acheter un menu ça peut arriver à tout le monde (ça m’est déjà arrivé) et je descends avec eux pour voir ce que ils voulaient acheter.

Là, j’apprends que Léo et Juan Carlos (leurs prénom) se sont levé quand leurs parents dormaient (bah c’est samedi, la grasse matinée) et que comme il n’y avait rien de préparé, faisant fie de l’enseignement reçu par l’école. Ils sont partis le ventre vide pour se nourrir à onze heures d’un très diététique « Mac Muggets » assorti d’un coca et d’un softy, le tout à partager à deux.

Grace à la carte ImaginR, ma contribution au festin ne fut que de 75 centimes. Pour ce prix, je plaide innocent !