Rien semble donc arrêter la surenchère de mauvais goût visuel ! Le magazine d'ailleurs se prète volentier, dans cette utilisation mercantile du voyeurisme malsain, une intention "pédagogique".
"Les lecteurs ne veulent pas d'image édulcorée", dit Thomas Kouck, le directeur marketing de ce torchon. Et en avant avec la surenchère visuelle sous prétexe que ce sont les "lecteurs" qui veulent cela.

Je ne rentrerai pas ici dans une analyse fine des raisons de cette demande. Elle fera sûrement l'objet d'un article de ma part, hors du blog.
Act Up Paris dénonce cette campagne dans une publication que l'association nomme "X", "magazine dont le contenu éditorial repose entièrement sur des clichés sélectionnés pour satisfaire au voyeurisme le plus bas de son lectorat".

Quant à côté Didier Jayle, président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), il se pose cette question : "A part l'horreur que l'on ressent, que comprend-on ?"

Cette question me renvoie à un souvenir et à une référence.

Le souvenir : l'un des derniers congrès de l'Institut de Sophrologie, à Paris. Une conférencière, psychologue, parle de se monde "pornographique", débauche d'images fortes, fétichistes, hystérisée. Elle nous rapporte ensuite les paroles d'un collégien : "On nous montre tout, on nous dit rien."
Horrible revanche du visuel facile, face à la nécessaire herméneutique du verbe, au travail de symbolisation qui rend les humains humains.

La référence : la trilogie en cours de Ruwen Ogien, qui après "Penser la pornographie" et "La panique morale" nous proposera in fine une "Ethique minimale".

En conclusion, comment ne pas voir le lien entre une surenchère d'images choc (sexuelles ou violentes) sans une approche pensée et la réaction panique et paranoïaque d'une société qui veux tout savoir, mais pas réfléchir.

"On nous montre tout, on nous dis rien.... donc (j'ajoute) on nous cache tout !"
La conspiration est partout....et le "Code da Vinci" pas loin !

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