Je fais du bruit, et alors ? Alors tu te calme !
Par Un vulnérable, vendredi 29 juillet 2005 à 12:30 :: Une vie vulnérable :: #69 :: rss
Dans la série je m'en tape des autres, je vous présente mon voisin Erwan.
Ce garçon de plus de 30 ans est intermittent du spectacle et habite dans l'immeuble en face du mien, dans la même co-propriété. Certains soirs il a tendance à inviter des copains pour faire de la zique... qui commence petit à petit en fonction des grammes d'alcool dans le sang.. pour augmenter vers une heures du matin, et vous casser les oreilles jusqu'à quatre heures, voire sept.
Ce garçon de plus de 30 ans est intermittent du spectacle et habite dans l'immeuble en face du mien, dans la même co-propriété. Certains soirs il a tendance à inviter des copains pour faire de la zique... qui commence petit à petit en fonction des grammes d'alcool dans le sang.. pour augmenter vers une heures du matin, et vous casser les oreilles jusqu'à quatre heures, voire sept.
Le voisins d'Erwan font preuve d'une grande tolérance. Ils l'engueulent certes, mais personne n'a jamais fait une pétition, informé la co-propriété, appelle la police. Pourtant la petite enquête de voisinage que j'ai effectuée montre le ras le bol général et une véritable souffrance de la part des personnes âgés. Pourquoi ce laxisme, pourquoi personne fait rien ?
Une petite digression. Je me retrouve systématiquement confronté à un monde de vils, de gens qui "ne veulent pas d'ennuis", mais qui gueulent, se plaignent, trouvent milles prétextes pour ne pas agir (trop de boulot, la famille, je peux pas le faire tout seul, il y en a d'autres qui peuvent le faire, ça ne me regarde pas...)
Dans cette magnifique France de corbeaux collaborationnistes, mes contemporains préfèrent de plus en plus attaquer (quand il peuvent) de façon anonyme, dans le dos. .
Harcèlements, petits mots jetés pour détruire l'autre, appels anonymes (tout cela est du vécu, le courage et le fait de prendre des initiatives sont insupportables aux lâches et aux pervers). Partout ! Dans le travail, dans le voisinage, en famille. Mais surtout ne pas agir au grand jour, surtout pas dans le face à face. Surtout éviter la rencontre. Eviter la conversation...
Un exemple précis : suite à un incendie dans ma rue, je mets une information concertant la sécurité incendie (une plaquette) et je la signe en bas (je suis contre l'anonymat, ceci permet à mes voisins d'en discuter avec moi si ils veulent). Au lieu de cela ensuite la plaquette à été déchirée. Par un anonyme bien sûr.
Bande de lâches !
Et de plus ils se croient fort, ils pointent du doigt ceux qui prennent des risques, petit sourire au coin des lèvres (« Quel con celui-là ! », pensent-ils), ou il vous font la gueule car vous avez "osé" une initiative (par exemple la "Fête des voisins". Depuis, un voisin qui n'a pas souhaité venir me fait une gueule pas possible)
Pour reprendre le cas Erwan, suite à une magnifique fête dont les hurlements des avinés déchiraient la nuit, accompagnés harmoniquement d'une musique techno à fond les oreilles, j'ai fait une lettre à l'intention de la copropriété et je l'ai faite signer à d'autres voisins insomniaques involontaires. Premier avertissement.
Suite à une autre magnifique aube musicale (enfin... aube, débutée vers quatre heures du matin quand même) du même acabit, je vais voir le garçon à sept heures du matin.
Je socialise. J'accepte même du calvados hors d'âge à sept heures dix (hic !). Je mange même un fond de sauce d'osso-buco que mon voisin me tend d'abord sur son doigt trempé dans la sauce (à mon refus de cette intimité très peu hygiénique, il me donne quand même une cuillère).
Je discute deux heures, entre compréhension et rappel de la règle sociale. Je lui dit "Tu sais tu me rappelles mes stagiaires. Ce refus de la règle, ce conflit avec l'autorité. Toujours intelligents, mais incapable de trouver un autre positionnement que celui de la marginalité." Puis je lui explique aussi comment je vais m'y prendre.
"Tu vois là je suis venu te voir, on discute tranquillement, mais ne te méprends pas. Ici les gens ont été très tolérant avec toi. Ils n'ont fait aucune démarche officielle. Si j'avais été confronté au problème depuis autant de temps qu'eux tu ne serais plus là, Erwan." Une petite provocation de sa part en réponse, et je le quitte avec un très clair "Erwan, casse pas les couilles !".
Hélas pour lui Erwan a fait des siennes le samedi 16 juillet. A nouveau la java à quatre heures du mat. Je demande à la police de faire un constat. Les policiers n'ont pas pu entrer (il leur a pas ouvert) mais ont pu constater. J'appelle ensuite le Service des nuisances, qui procède à une ultime tentative de médiation (bon à savoir, il y en a maintenant dans chaque arrondissement de Paris).
Ce service, qui dépend de la préfecture de Paris, et dans mon cas du commissariat central du 20e, fait intervenir des officiers de police en civil pour parler avec le fautif et lui rappeler les règles civiques.
J'ai rdv avec l'officier de police le 27 après-midi. Il arrive et on va voir tous les deux Erwan. J'aurais pu le laisser aller seul mais ce n’est pas mon style de ne pas assumer mes actes face à l'autre. Je frappe à la porte et le policier rappelle à Erwan que c'est encore une démarche de médiation. Que même le jour le bruit est une tolérance. Et là il reçoit toute la mauvaise fois des fouteurs de trouble (typique). "Moi aussi je suis gêné quand le matin les jardiniers coupent l'herbe avec la tondeuse !" Ahahah.... Enfin l'officier dit à Erwan. "Voilà monsieur. Maintenant vous êtes averti, les collègues ont déjà fait un constat. A partir de maintenant chaque constat vous coûtera 500 euros. Il n'y aura plus de discussion possible."
J'espère sincèrement que ce garçon ait entendu. Dans le cas contraire j'assumerai ma responsabilité citoyenne pour moi et pour les autres, même si, seul à avoir osé le rappeler à l'ordre de façon forte, je prends sur moi sa rage "contre tous ces connards qui limitent la liberté de tout faire", y compris quand c'est contre l'autre.
Une petite digression. Je me retrouve systématiquement confronté à un monde de vils, de gens qui "ne veulent pas d'ennuis", mais qui gueulent, se plaignent, trouvent milles prétextes pour ne pas agir (trop de boulot, la famille, je peux pas le faire tout seul, il y en a d'autres qui peuvent le faire, ça ne me regarde pas...)
Dans cette magnifique France de corbeaux collaborationnistes, mes contemporains préfèrent de plus en plus attaquer (quand il peuvent) de façon anonyme, dans le dos. .
Harcèlements, petits mots jetés pour détruire l'autre, appels anonymes (tout cela est du vécu, le courage et le fait de prendre des initiatives sont insupportables aux lâches et aux pervers). Partout ! Dans le travail, dans le voisinage, en famille. Mais surtout ne pas agir au grand jour, surtout pas dans le face à face. Surtout éviter la rencontre. Eviter la conversation...
Un exemple précis : suite à un incendie dans ma rue, je mets une information concertant la sécurité incendie (une plaquette) et je la signe en bas (je suis contre l'anonymat, ceci permet à mes voisins d'en discuter avec moi si ils veulent). Au lieu de cela ensuite la plaquette à été déchirée. Par un anonyme bien sûr.
Bande de lâches !
Et de plus ils se croient fort, ils pointent du doigt ceux qui prennent des risques, petit sourire au coin des lèvres (« Quel con celui-là ! », pensent-ils), ou il vous font la gueule car vous avez "osé" une initiative (par exemple la "Fête des voisins". Depuis, un voisin qui n'a pas souhaité venir me fait une gueule pas possible)
Pour reprendre le cas Erwan, suite à une magnifique fête dont les hurlements des avinés déchiraient la nuit, accompagnés harmoniquement d'une musique techno à fond les oreilles, j'ai fait une lettre à l'intention de la copropriété et je l'ai faite signer à d'autres voisins insomniaques involontaires. Premier avertissement.
Suite à une autre magnifique aube musicale (enfin... aube, débutée vers quatre heures du matin quand même) du même acabit, je vais voir le garçon à sept heures du matin.
Je socialise. J'accepte même du calvados hors d'âge à sept heures dix (hic !). Je mange même un fond de sauce d'osso-buco que mon voisin me tend d'abord sur son doigt trempé dans la sauce (à mon refus de cette intimité très peu hygiénique, il me donne quand même une cuillère).
Je discute deux heures, entre compréhension et rappel de la règle sociale. Je lui dit "Tu sais tu me rappelles mes stagiaires. Ce refus de la règle, ce conflit avec l'autorité. Toujours intelligents, mais incapable de trouver un autre positionnement que celui de la marginalité." Puis je lui explique aussi comment je vais m'y prendre.
"Tu vois là je suis venu te voir, on discute tranquillement, mais ne te méprends pas. Ici les gens ont été très tolérant avec toi. Ils n'ont fait aucune démarche officielle. Si j'avais été confronté au problème depuis autant de temps qu'eux tu ne serais plus là, Erwan." Une petite provocation de sa part en réponse, et je le quitte avec un très clair "Erwan, casse pas les couilles !".
Hélas pour lui Erwan a fait des siennes le samedi 16 juillet. A nouveau la java à quatre heures du mat. Je demande à la police de faire un constat. Les policiers n'ont pas pu entrer (il leur a pas ouvert) mais ont pu constater. J'appelle ensuite le Service des nuisances, qui procède à une ultime tentative de médiation (bon à savoir, il y en a maintenant dans chaque arrondissement de Paris).
Ce service, qui dépend de la préfecture de Paris, et dans mon cas du commissariat central du 20e, fait intervenir des officiers de police en civil pour parler avec le fautif et lui rappeler les règles civiques.
J'ai rdv avec l'officier de police le 27 après-midi. Il arrive et on va voir tous les deux Erwan. J'aurais pu le laisser aller seul mais ce n’est pas mon style de ne pas assumer mes actes face à l'autre. Je frappe à la porte et le policier rappelle à Erwan que c'est encore une démarche de médiation. Que même le jour le bruit est une tolérance. Et là il reçoit toute la mauvaise fois des fouteurs de trouble (typique). "Moi aussi je suis gêné quand le matin les jardiniers coupent l'herbe avec la tondeuse !" Ahahah.... Enfin l'officier dit à Erwan. "Voilà monsieur. Maintenant vous êtes averti, les collègues ont déjà fait un constat. A partir de maintenant chaque constat vous coûtera 500 euros. Il n'y aura plus de discussion possible."
J'espère sincèrement que ce garçon ait entendu. Dans le cas contraire j'assumerai ma responsabilité citoyenne pour moi et pour les autres, même si, seul à avoir osé le rappeler à l'ordre de façon forte, je prends sur moi sa rage "contre tous ces connards qui limitent la liberté de tout faire", y compris quand c'est contre l'autre.
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