Les tueurs à rage
Par Un vulnérable, samedi 16 juillet 2005 à 20:52 :: Cinéma vulnérable :: #59 :: rss
J’ai vu ces derniers jours trois films de science-fiction.
Le premier (le 29 juin) : Batman Begins.
Le deuxième (le 11 juillet) : La guerre des mondes.
Le troisième (le 14 juillet) : Star Wars III.
Tous les trois films traitent de la peur et de la rage. Chacun à sa manière.
Le premier (le 29 juin) : Batman Begins.
Le deuxième (le 11 juillet) : La guerre des mondes.
Le troisième (le 14 juillet) : Star Wars III.
Tous les trois films traitent de la peur et de la rage. Chacun à sa manière.
Dans le premier Bruce Wayne doit affronter sa culpabilité et ses peurs, les regarder en face, pour devenir un guerrier.
Dans le deuxième la peur d’un père et sa recherche de « simple » survie pour ses enfants et lui, l’oblige à tuer.
Dans le troisième la peur de perdre celle qu’il aime mène à sa perte le jeune Anakin.
Trois histoires différentes de métabolisation de la culpabilité et de la peur.
Commençons par celle de Batman. Le voilà rangé par le remord d’avoir involontairement été à l’origine des événements qui amènent à l’homicide de ses parents. Il en veut à mort à la pègre. Il se mélange à eux, il partage leur monde, et, maître en arts martiaux, il frappe, il frappe, il frappe… avec toute sa haine.
Le maître d’une secte toute vouée à « l’élimination du mal » lui propose alors une initiation pour devenir encore plus fort, encore plus craint, une légende vivante. Il va faire de lui un puissant guerrier Ninja. Commence alors un travail sur la culpabilité qui l’aveugle, sur les peurs, en première celle des chauves-souris, qui le rongent. Il est enfin prêt.
Presque, car il lui reste une dernière épreuve. Tuer un condamné, sans pitié, vite et bien.
Se faire bourreau.
« Justicier, oui, bourreau, non » dit alors le futur Batman. Et il se rebelle, il s’échappe, non sans avoir compris qu’il y a une limite à ne pas franchir pour ne pas perdre son humanité. Pour ne pas renier par ses actes tout ce que l’on croit être les raisons pour lesquelles on se bat.
Cette leçon le jeune Anakin ne va pas la comprendre, aveuglé qu’il est par la souffrance de la mort de sa mère, par la culpabilité qui ne lui donne pas de répit. Sa rage est sans limites.
Devant lui, le comte Dooku vaincu, à terre, les deux mains amputée, il se laisse convaincre par le chancelier Palpatine, alias Dark Sidious. « Tue-le ! », réclame le maître Sith contre son ancien disciple et jusqu’à là complice, sûr d’en avoir trouver un autre, plus jeune et puissant.
Un moment d’hésitation, puis Anakin l’enragé, Anakin le faible dans sa puissance, les deux sabres laser croisées sur le cou du comte, le décapite. Maintenant tout est possible, y compris de tuer des enfants, les apprentis Jedi.
La folie islamiste n’est pas loin, seul la technologie des armes change. Tous les absolutismes se ressemblent, leurs horreurs sont les mêmes.
Anakin va droit vers le côté obscur de la force, plus puissant, plus prometteur. Plus destructeur aussi. De soi, des autres… de la femme qu’il aime.
Ironie du sort, alors qu’il avait définitivement basculé dans le côté obscur de la Force pour la sauver, elle se laisse mourir devant l’horreur commise par son aimé. Elle se laisse mourir avec Anakin, devant la naissance de Dark Vador.
De son côté, l’anti-héro de Spielberg ne veux pas détruire le monde, ni le sauver. Lui, il veux sauver sa peau. Et celle de ces enfants. C’est tout, et c’est déjà bien. Père raté, le voilà lors d’un we de garde de ses fils, devoir faire face à l’invasion aliène.
Pris jusqu’au bout dans sa responsabilité de père, il va y trouver sa propre catharsis.
Il va donc tout faire pour sauver ses enfants. Cet adolescent qui le traite de lâche et qui veut aller combattre les extraterrestres. Cette fillette qui oscille entre cris hystériques et peur catatonique.
Et dans une cave scrutée par les aliènes cet anti-héro va aller au bout de sa logique de survie, en tuant un irréductible qui veut attaquer les extraterrestres et leur boucliers magnétiques avec un fusil ! Qu’il tire, et ils seront tous découverts. Il ne faut pas. Il doit s’en occuper… par amour, par désespoir…
La peur, la culpabilité, personne n’est indemne. Leur corollaire est cette rage.
Qui monte qui monte. Il faut bien en faire quelque chose.
Et vous ? Comment vivez-vous la rage qui vient de votre peur et de votre culpabilité ? Quel type d’assassin pourriez-vous être ?
Dans le deuxième la peur d’un père et sa recherche de « simple » survie pour ses enfants et lui, l’oblige à tuer.
Dans le troisième la peur de perdre celle qu’il aime mène à sa perte le jeune Anakin.
Trois histoires différentes de métabolisation de la culpabilité et de la peur.
Commençons par celle de Batman. Le voilà rangé par le remord d’avoir involontairement été à l’origine des événements qui amènent à l’homicide de ses parents. Il en veut à mort à la pègre. Il se mélange à eux, il partage leur monde, et, maître en arts martiaux, il frappe, il frappe, il frappe… avec toute sa haine.
Le maître d’une secte toute vouée à « l’élimination du mal » lui propose alors une initiation pour devenir encore plus fort, encore plus craint, une légende vivante. Il va faire de lui un puissant guerrier Ninja. Commence alors un travail sur la culpabilité qui l’aveugle, sur les peurs, en première celle des chauves-souris, qui le rongent. Il est enfin prêt.
Presque, car il lui reste une dernière épreuve. Tuer un condamné, sans pitié, vite et bien.
Se faire bourreau.
« Justicier, oui, bourreau, non » dit alors le futur Batman. Et il se rebelle, il s’échappe, non sans avoir compris qu’il y a une limite à ne pas franchir pour ne pas perdre son humanité. Pour ne pas renier par ses actes tout ce que l’on croit être les raisons pour lesquelles on se bat.
Cette leçon le jeune Anakin ne va pas la comprendre, aveuglé qu’il est par la souffrance de la mort de sa mère, par la culpabilité qui ne lui donne pas de répit. Sa rage est sans limites.
Devant lui, le comte Dooku vaincu, à terre, les deux mains amputée, il se laisse convaincre par le chancelier Palpatine, alias Dark Sidious. « Tue-le ! », réclame le maître Sith contre son ancien disciple et jusqu’à là complice, sûr d’en avoir trouver un autre, plus jeune et puissant.
Un moment d’hésitation, puis Anakin l’enragé, Anakin le faible dans sa puissance, les deux sabres laser croisées sur le cou du comte, le décapite. Maintenant tout est possible, y compris de tuer des enfants, les apprentis Jedi.
La folie islamiste n’est pas loin, seul la technologie des armes change. Tous les absolutismes se ressemblent, leurs horreurs sont les mêmes.
Anakin va droit vers le côté obscur de la force, plus puissant, plus prometteur. Plus destructeur aussi. De soi, des autres… de la femme qu’il aime.
Ironie du sort, alors qu’il avait définitivement basculé dans le côté obscur de la Force pour la sauver, elle se laisse mourir devant l’horreur commise par son aimé. Elle se laisse mourir avec Anakin, devant la naissance de Dark Vador.
De son côté, l’anti-héro de Spielberg ne veux pas détruire le monde, ni le sauver. Lui, il veux sauver sa peau. Et celle de ces enfants. C’est tout, et c’est déjà bien. Père raté, le voilà lors d’un we de garde de ses fils, devoir faire face à l’invasion aliène.
Pris jusqu’au bout dans sa responsabilité de père, il va y trouver sa propre catharsis.
Il va donc tout faire pour sauver ses enfants. Cet adolescent qui le traite de lâche et qui veut aller combattre les extraterrestres. Cette fillette qui oscille entre cris hystériques et peur catatonique.
Et dans une cave scrutée par les aliènes cet anti-héro va aller au bout de sa logique de survie, en tuant un irréductible qui veut attaquer les extraterrestres et leur boucliers magnétiques avec un fusil ! Qu’il tire, et ils seront tous découverts. Il ne faut pas. Il doit s’en occuper… par amour, par désespoir…
La peur, la culpabilité, personne n’est indemne. Leur corollaire est cette rage.
Qui monte qui monte. Il faut bien en faire quelque chose.
Et vous ? Comment vivez-vous la rage qui vient de votre peur et de votre culpabilité ? Quel type d’assassin pourriez-vous être ?
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