La conspiration des pervers
Par Un vulnérable, samedi 11 juin 2005 à 20:53 :: Une vie vulnérable :: #47 :: rss
Jeudi 9 mai, j'invite chez moi deux de mes ex collègues, avec qui je partage des qualités de coeur, à un dîner italien. On discute de notre devenir, de nos projets professionnels également. Celui qui est encore salarié dans cette même entreprise me dit :
"Il y a quelques jours X et XX (deux ex collègues, très amies entre elles) discutaient ensemble au boulot. Elles parlaient de toi de façon très peu sympatique, et à puis X dit à XX :
- On a quand même perdu notre bouc émissaire ! -
Je ne m'étais pas aperçu de combien elles peuvent te haïr, Adrien."
Moi si, hélas !
Au delà du fait que ceci m'oblige à travailler ma propre psychologie sécrétant les tentations de "bouc-émissérisation" de la part des personnalités perverses, mes propres fragilités dans lesquelles ce type de personnages s'engouffrent, d'autres questions s'imposent à moi.
Ici, ll s'agit de deux jeunes femmes inaccessibles au doute sur leurs convictions et leurs idées arrêtées et dont impossible à déstabiliser, capables de cacher le mépris de l'autre et la dimension sadique selon des modalités de séduction qui ne trompent pas quelqu'un au fait des manifestations de la personnalité perverse dans un milieu professionnel, mais largement la plupart des collègues de travail qui ne cherchent pas à aller plus loin que la surface des choses et qui peuvent trouver ces personnes fortement sympathiques, au demeurant.
Fortes de leur ignorance d'elles mêmes, haïssant toute forme de culture classique et considérant celui qui porte de la profondeur dans une société sans profondeur, comme un pauvre débile apte à se faire manger tout cru par les "forts". Une victime toute désignée, en quelques sorte.
Pour lui, il n'ont que du mépris et cherchent à le détruire, dès qu'il trouvent la faille. La mienne, est la peur panique d'une expression de soi issue de la maléducation, de l'ignorance et de la non-reconnaissance d'autrui comme sujet. Ceci me renvoie à des moments précoces de mon histoire qui restent encore gravés en moi malgré mon propre travail de conscientisation et de distanciation.
XX, la plus vulgaire des deux (une vraie personnalité perverse, à la sémiotique clinique facilement identifiable avec le DSM-IV, le manuel de référence le plus utilisé internationalement pour diagnostiquer les troubles psychiatriques, ou grâce à la lecture du livre de Marie-France Hirigoyen "L'harcellement moral"), s'est donc acharnée dans une oeuvre de destruction sournoise et à petit feu.
Par petite touches : des mots, des regards méprisants et accusateurs, la production des situations gênantes, des bruits, profitant du fait que je n'avais plus de quoi utilement m'employer au boulot et que je tournais en rond, en culpabilisant fortement, déprimant et ne sachant pas comment réagir.
Elle était soutenue de façon très discrète par X (beaucoup plus fine, n'intervenant que pour m'attaquer verbalement quand j'essayais maladroitement de me rebeller à XX quand j'en pouvais plus, laquelle se faisait passer alors pour victime de mes réactions, dans une technique perverse habituelle qui marche très bien avec des personnes non averties de la dimension perverse, et qui ne sont pas visées par le processus de destruction mis en place par le pervers). Malgré mon analyste et mes antidépresseurs, j'ai craqué et négocié mon départ. Quand elle a su que je partais, XX est venue me dire, jouissante, "C'est pour moi que tu pars ?". J'étais terrorisé, mais j'ai bien sûr nié.
Voilà pour l'histoire personnelle.
Plus généralement, des questions s'imposent à nous tous "vulnérables" au su et vu de l'émergence du phénomène de l'harcellement moral et du développement des perversions narcissiques.
Que faire avec ce type des personnalités ? Et de cette méchanceté ?
Quelle société construire pour éviter de "récompenser" professionnellement les personnalités perverses ? Quel management aussi ?
Quelle attitude les vulnérables qui n'ignorent pas leur propre vulnérabilité doivent avoir devant ce type de personne, par ailleurs souvent appréciées par la hiérarchie pour leur côté "battant" ?
- On a quand même perdu notre bouc émissaire ! -
Je ne m'étais pas aperçu de combien elles peuvent te haïr, Adrien."
Moi si, hélas !
Au delà du fait que ceci m'oblige à travailler ma propre psychologie sécrétant les tentations de "bouc-émissérisation" de la part des personnalités perverses, mes propres fragilités dans lesquelles ce type de personnages s'engouffrent, d'autres questions s'imposent à moi.
Ici, ll s'agit de deux jeunes femmes inaccessibles au doute sur leurs convictions et leurs idées arrêtées et dont impossible à déstabiliser, capables de cacher le mépris de l'autre et la dimension sadique selon des modalités de séduction qui ne trompent pas quelqu'un au fait des manifestations de la personnalité perverse dans un milieu professionnel, mais largement la plupart des collègues de travail qui ne cherchent pas à aller plus loin que la surface des choses et qui peuvent trouver ces personnes fortement sympathiques, au demeurant.
Fortes de leur ignorance d'elles mêmes, haïssant toute forme de culture classique et considérant celui qui porte de la profondeur dans une société sans profondeur, comme un pauvre débile apte à se faire manger tout cru par les "forts". Une victime toute désignée, en quelques sorte.
Pour lui, il n'ont que du mépris et cherchent à le détruire, dès qu'il trouvent la faille. La mienne, est la peur panique d'une expression de soi issue de la maléducation, de l'ignorance et de la non-reconnaissance d'autrui comme sujet. Ceci me renvoie à des moments précoces de mon histoire qui restent encore gravés en moi malgré mon propre travail de conscientisation et de distanciation.
XX, la plus vulgaire des deux (une vraie personnalité perverse, à la sémiotique clinique facilement identifiable avec le DSM-IV, le manuel de référence le plus utilisé internationalement pour diagnostiquer les troubles psychiatriques, ou grâce à la lecture du livre de Marie-France Hirigoyen "L'harcellement moral"), s'est donc acharnée dans une oeuvre de destruction sournoise et à petit feu.
Par petite touches : des mots, des regards méprisants et accusateurs, la production des situations gênantes, des bruits, profitant du fait que je n'avais plus de quoi utilement m'employer au boulot et que je tournais en rond, en culpabilisant fortement, déprimant et ne sachant pas comment réagir.
Elle était soutenue de façon très discrète par X (beaucoup plus fine, n'intervenant que pour m'attaquer verbalement quand j'essayais maladroitement de me rebeller à XX quand j'en pouvais plus, laquelle se faisait passer alors pour victime de mes réactions, dans une technique perverse habituelle qui marche très bien avec des personnes non averties de la dimension perverse, et qui ne sont pas visées par le processus de destruction mis en place par le pervers). Malgré mon analyste et mes antidépresseurs, j'ai craqué et négocié mon départ. Quand elle a su que je partais, XX est venue me dire, jouissante, "C'est pour moi que tu pars ?". J'étais terrorisé, mais j'ai bien sûr nié.
Voilà pour l'histoire personnelle.
Plus généralement, des questions s'imposent à nous tous "vulnérables" au su et vu de l'émergence du phénomène de l'harcellement moral et du développement des perversions narcissiques.
Que faire avec ce type des personnalités ? Et de cette méchanceté ?
Quelle société construire pour éviter de "récompenser" professionnellement les personnalités perverses ? Quel management aussi ?
Quelle attitude les vulnérables qui n'ignorent pas leur propre vulnérabilité doivent avoir devant ce type de personne, par ailleurs souvent appréciées par la hiérarchie pour leur côté "battant" ?
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