Les mondes de la Dette
Par Un vulnérable, mercredi 20 avril 2005 à 20:07 :: Pensée Fr..agile :: #25 :: rss
La mère amène l’enfant au monde de la Dette. Dimension fondamentale de la socialité, la dette est d’abord vécue comme faute inaliénable. Elle est d’abord associée à la différenciation de l’enfant vis-à-vis de la mère
L’insuffisance de son être, sa dépendance, l’angoisse que cela génère, vont construire dans une relation fusionnelle à la mère le socle de la culpabilité non pas sociale, mais existentielle.
C’est le père qui amène l’enfant vers la dette sociale, vers sa responsabilité d’humain parmi les humains. Responsabilité qui n’est pas, comme dans la culpabilité existentielle, impuissance, mais pouvoir. Un monde sans père est un monde asocial par définition.
C’est dans la capacité à remettre la mère « à sa place », c’est à dire à l’ « historiser » pour son enfant, que le père met en mouvement la Dette existentielle pour en faire Dette sociale, responsabilité à autrui.
Mais pour ce faire il faut que l’enfant accepte de sortir de sa Dette existentielle, qu’il accepte de quitter la demande de « force » de sa mère. Qu'il renonce à être son "pénis" histérisé, toujours bandant sous peine de dépression manifeste (peut importe le sexe de l’enfant). Il faut qu’il accepte sa fragilité essentielle et son interdépendance avec autrui, en responsabilité à la fois absolue (car non délégable) vis à vis de l’autre et néanmoins partagée au sein de la communauté d'égaux.
Tant que nous ne verrons pas que la plainte et la « force » narcissique ont une origine commune, à savoir cet attachement à la demande maternelle, il nous sera impossible de construire justice.
La justice n’est ni plainte, ni rage. La justice est fermeté et pardon. Elle est à la fois limite et pédagogie.
Adrien le Vulnérable 20 avril 2005
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