- Bonjour ! - Bonjour ! Je m'aperçois qu'il tient un nez rouge dans sa main. - Eh, mais vous, vous êtes le clown de rue ! Celui qui suit les gens ! (Ce clown a l'habitude d'imiter la démarche des personnes qui passent en se mettant un nez rouge, pour divertir les clients des différents bar des Halles, à Paris). - Eh oui ! - me dit-il – Mais c'est de plus en plus difficile, maintenant il ne faut pas suivre, faut poursuivre ! Puis il ajoute : - Pas avec notre génération, j'ai 42 ans.... ils acceptent de jouer le jeu, ils acceptent l'humour, mais les jeunes..

Il me demande de contribuer à la survie des artistes de rue pendant l'hiver, je lui donne un euro, il me donne un petit cœur autocollant en argent. Je pars...

Je pense à toute cette publicité sur les gadget communiquant ! Le renouvellement de la téléphonie portable qui a imposé le phototéléphone, à grand coup de publicité narcissique à en vomir. Pendant ce temps, tous ces jeunes gens s'enfoncent de plus en plus dans la peur de l'autre. Ils ne le rencontrent initialement qu'à distance, qu'à travers des rituels de séduction sans visage. Ensuite, ils ne le rencontrent que dans une intention sexuelle ou amoureuse. La baise, l'amour à deux.

Je pense à tous ces jeunes aux amitiés dérisoires et changeantes comme leurs habitudes de consommation et leurs communications virtuelles !

Je pense à tous ces jeunes, de plus en plus jeunes, seuls et communicants à la fois et je me dis - "Salauds d'adultes !"